Un bébé mort.
Un bébé mort vit au fond de mon sein.
Il pousse mes côtes.
Il écrase mes poumons.
Un bébé mort.
Un bébé mort respire dans mon sein.
Je l’étouffe d'amour.
Je l'étreint de tendresse.
Un bébé mort.
Un bébé mort sourit dans mon sein.
Nous ne formons plus qu'un.
Nous ne formons plus qu'un.
vendredi 3 février 2017
mercredi 1 février 2017
Le diapason
On m'avait informé, oui. J'étais au courant de tout, bien sûr. Et c'est certain qu'on m'a parlé de lui. A de multiples reprises d'ailleurs.
Mais j'avais besoin d'y entrer. Un jour il faut affronter nos peurs et ici résidait la mienne.
J'avais l'impression d'être dans une nouvelle de J.P. Lovecraft. Je ne lisais pas ses livres, ils me mettaient mal à l'aise, ces personnages tellement réels plongés dans une atmosphère qui les dépasses, qui nous dépasse. Non, c'était des connaissances qui parfois me racontaient ses publications. Enfin, une en particulière... Mais ne nous attardons pas.
Me voici donc devant la bâtisse, totalement terrifié et perdu, les corbeaux croassant à quelques mètres sur des branches d'arbres sèches ressemblant à des mains de zombies. Un souffle froid fait bouger les feuilles mortes à mes pieds et je l'entends presque murmurer une supplication. Il ne veut pas que je sois ici, il veut que je fuie.
Mais je continue, j'arrive à la porte, toque, une femme vient m'ouvrir mais je ne la remarque pas. Dans la maison règne une odeur... Si le vent me murmurait de fuir, ce relent veut me tuer sur place à grands coups d'hurlement !
Néanmoins, je continue, par-ci des hommes pleurent, par-là des femmes dansent. On pourrait croire à une scène banale, mais il y a dans la pièce comme un son de diapason tronqué. Le mal est dans l'air, dans notre souffle et dans notre bouche et je sais que je n'en sortirais plus indemne.
L'infirmière me conduit, nullement dérangée par ces fous qui crient et jacassent sans retenue. Elle sourit tendrement à une vieille femme qui bave ses maux sur son menton. Son regard passe aussi sur moi mais il s'efface, d'un coup. Elle n'était pas dupe, elle savait pourquoi j'étais là. Point de bercement dans le mensonge pour elle, pas encore tout du moins. Elle savait.
Un doute m'envahit. Ai-je vraiment fait le bon choix ? Revenir ici... Revenir ici... Venir ici...
C'était une obligation. Un devoir. Mais pas au sens dont vous l'entendez. ça courait dans mes veines, ça hurlait dans mon crâne, je n'aurais pas pu m'en empêcher. Il fallait que je sorte d'ici. Que j'y entre...
Troisième étage, l'infirmière est loin d'être épuisée, elle doit avoir l'habitude. Pas moi. Tant de temps sanglé, tant de temps enfermé. Je devais partir, maintenant, tout de suite !
J'ai tenté de faire machine arrière, de reculer, mais les lumières avaient plongés dans les ténèbres le couloir dans mon dos. J'étais coincé, prit au piège.
Une porte c'est ouverte. Je n'ai même pas remarqué l'absence de l'infirmière, mon regard était rivé sur lui.
Un homme me regardait, un semblant d'homme devrais-je dire, côtes apparentes, noir de saleté, les yeux révulsés, le souffle rauque et l'âme tourmentée et perdue. Non, jamais je n'aurais pu deviner que ce pauvre hère, tout droit sortit d'une imagination malsaine et dérangée, était moi.
J'ai hurlé, aussi fort que le vent, aussi puissamment que la puanteur alors que mon corps se décomposait, les os écorchés par des lanières de cuir, le crâne troué comme un gruyère, mon âme se liquéfiant à mes pieds.
J'ai couru longtemps, la mort sur mes talons et lui, et moi, qui ne formions alors plus qu'un.
Qui m'avait parlé de lui, je ne sais plus. L'endroit où il était retenu, je ne serais le retrouver même avec une carte. Je ne veux plus m'en souvenir.
Pourtant, pourtant, alors que tout à disparu sur terre et que j'oublie peu à peu ce que j'étais, j'entends encore le diapason vibrer contre ma nuque et derrière mes yeux, prêt à souffler son air sur le monde entier.
Mais j'avais besoin d'y entrer. Un jour il faut affronter nos peurs et ici résidait la mienne.
J'avais l'impression d'être dans une nouvelle de J.P. Lovecraft. Je ne lisais pas ses livres, ils me mettaient mal à l'aise, ces personnages tellement réels plongés dans une atmosphère qui les dépasses, qui nous dépasse. Non, c'était des connaissances qui parfois me racontaient ses publications. Enfin, une en particulière... Mais ne nous attardons pas.
Me voici donc devant la bâtisse, totalement terrifié et perdu, les corbeaux croassant à quelques mètres sur des branches d'arbres sèches ressemblant à des mains de zombies. Un souffle froid fait bouger les feuilles mortes à mes pieds et je l'entends presque murmurer une supplication. Il ne veut pas que je sois ici, il veut que je fuie.
Mais je continue, j'arrive à la porte, toque, une femme vient m'ouvrir mais je ne la remarque pas. Dans la maison règne une odeur... Si le vent me murmurait de fuir, ce relent veut me tuer sur place à grands coups d'hurlement !
Néanmoins, je continue, par-ci des hommes pleurent, par-là des femmes dansent. On pourrait croire à une scène banale, mais il y a dans la pièce comme un son de diapason tronqué. Le mal est dans l'air, dans notre souffle et dans notre bouche et je sais que je n'en sortirais plus indemne.
L'infirmière me conduit, nullement dérangée par ces fous qui crient et jacassent sans retenue. Elle sourit tendrement à une vieille femme qui bave ses maux sur son menton. Son regard passe aussi sur moi mais il s'efface, d'un coup. Elle n'était pas dupe, elle savait pourquoi j'étais là. Point de bercement dans le mensonge pour elle, pas encore tout du moins. Elle savait.
Un doute m'envahit. Ai-je vraiment fait le bon choix ? Revenir ici... Revenir ici... Venir ici...
C'était une obligation. Un devoir. Mais pas au sens dont vous l'entendez. ça courait dans mes veines, ça hurlait dans mon crâne, je n'aurais pas pu m'en empêcher. Il fallait que je sorte d'ici. Que j'y entre...
Troisième étage, l'infirmière est loin d'être épuisée, elle doit avoir l'habitude. Pas moi. Tant de temps sanglé, tant de temps enfermé. Je devais partir, maintenant, tout de suite !
J'ai tenté de faire machine arrière, de reculer, mais les lumières avaient plongés dans les ténèbres le couloir dans mon dos. J'étais coincé, prit au piège.
Une porte c'est ouverte. Je n'ai même pas remarqué l'absence de l'infirmière, mon regard était rivé sur lui.
Un homme me regardait, un semblant d'homme devrais-je dire, côtes apparentes, noir de saleté, les yeux révulsés, le souffle rauque et l'âme tourmentée et perdue. Non, jamais je n'aurais pu deviner que ce pauvre hère, tout droit sortit d'une imagination malsaine et dérangée, était moi.
J'ai hurlé, aussi fort que le vent, aussi puissamment que la puanteur alors que mon corps se décomposait, les os écorchés par des lanières de cuir, le crâne troué comme un gruyère, mon âme se liquéfiant à mes pieds.
J'ai couru longtemps, la mort sur mes talons et lui, et moi, qui ne formions alors plus qu'un.
Qui m'avait parlé de lui, je ne sais plus. L'endroit où il était retenu, je ne serais le retrouver même avec une carte. Je ne veux plus m'en souvenir.
Pourtant, pourtant, alors que tout à disparu sur terre et que j'oublie peu à peu ce que j'étais, j'entends encore le diapason vibrer contre ma nuque et derrière mes yeux, prêt à souffler son air sur le monde entier.
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